Peintures et Dessins Japonais !

Je te propose ici une vue rapide et synthétique des grands courants de la peinture japonaise.

Aperçu historique.

Les premières peintures japonaises remontent à l’époque des Kofun (du IVe au VIIe siècle) par la décoration des murs des chambres funéraires. On pourra véritablement parler d’art avec l’introduction du bouddhisme, sans pour autant être en présence d’un courant ou d’un style religieux. La peinture puisera sur une longue période sa technique, ses thèmes et son inspiration en Chine. La peinture religieuse toujours très emprunte du modèle chinois apparaîtra vers le IXe siècle. Le « mouvement » dans la peinture japonaise ne fera son apparition qu’au XIIIe siècle pendant le dynastie chinoise des Song. C’est aussi au XIIIe siècle que les premières peintures sur papier, et non sur soie, feront leur apparition. Les siècles suivants verront la naissance de nouveaux styles au début sous l’influence de précepte de certaines sectes (comme le Zen) puis beaucoup plus libéré (style guerrier). L’ère Edo (1600-1868) se caractérise par un « japonisme » accru se démarquant nettement de l’influence chinoise.

Ukiyo-e.

Ukiyo-e signifie « Images du monde fluctuant » car cet art puise son inspiration dans l’univers des plaisirs. L’Ukiyo-e correspond à ce que nous nommons estampe. 

Histoire: 

Les premières Ukiyo-e sont attribuées à Iwasa Matabei et remontent au XVIIe siècle. Ces estampes ont parfois été utilisées comme illustration pour certains ouvrages. Ce sont pour l’essentiel des portraits de courtisanes, lutteurs, acteurs… Il est possible de trouver quelques Ukiyo-e illustrant des scène de vie ou des paysage. Au XIXe siècle les Ukiyo-e se diversifient en puisant leur inspiration dans l’actualité (guerre) ou en trouvant de nouveau sujet d’étude (insectes, animaux, monde végétal). Certaines estampes ont été illustrées de poèmes ou d’autres de calligraphies.

Les Ukiyo-e furent pour un temps négligées par les japonais. Elles connaîtront un véritable succès en occident à partir de 1867 lors de l’exposition universelle de Paris. Succès qui permettra à ces estampes de retrouver un nouveau souffle afin de satisfaire la demande des collectionneurs.

Procédé:

L’estampe est obtenue par pressage sur papier de riz de blocs de bois gravés, qui une fois enduits d’encre font office de tampon. Le bois utilisé était le plus souvent le cerisier. Les premières ukiyo-e, produites entre 100 et 200 exemplaires, étaient monochromes, les nuances s’obtenant en fonction de la pression exercée sur le bloc de bois. A noter que les premières ukiyo-e ont été tout simplement peintes et n’ont pas été obtenues par évidage du bloc de bois.

La polychromie est apparue plus tard, le rouge tout d’abord (benizuri-e), puis vint l’orange obtenue avec du sel de plomb (tan-e)… L’apparition de la couleur vint compliquer la technique du pressage dans la mesure où il est utilisé un bloc de bois par couleur. Il est donc nécessaire de faire des marques afin de ne pas obtenir un décalage. Dans certaines estampes les parties colorées sont après pressage apposées au pinceau. ce procédé se nomme beni-e.

Les formats standards d’un Ukiyo-e étaient le hosoban (33X15cm), le ôban (39X26,5 cm) le chutanzaku (39X12 cm) ou le chûban (26,5X19 cm). Il est possible de trouver d’autres formats de Ukiyo-e.

Cachet:

Les ukiyo-e revêtent pour la plupart un ou plusieurs cachets. L’un est la signature de l’artiste, parfois se rajoute celui de l’éditeur puis vient vers la moitié du XIXe siècle celui du censeur.

     – Hokusai est naît à Edo. Il est reconnu comme étant l’un des   plus grand peintre d’ukiyo-e. sa production artistique atteindra presque 30 000 dessins. Il fut adopté par la famille Nakajima d’Ise à l’âge de 3 ans.  A 18 ans il entre dans l’atelier d’estampes d’Ukiyo-e de Katsukawa Shunshô. Ses première  illustration seront sous le nom de Katsukawa Shunrô. Il utilisera ensuite le pseudonyme de Kusamura ou de Sôri. C’est entre 1796 et 1798 qu’il abonnera le nom de Sôri au profit de l’un de ses élève pour prendre  le nom de Hokusai. Hokusai (studio du nord) fut choisit en hommage à la divinité  Myôken de l’étoile polaire. Il utilisera de temps à autre les nom de Tatsumata, Raishin, Tokitarô, Kakô, Fusenkô (en 1799), Gakyôjin Hokusai (à partir de 1800). Il changea encore une fois de nom en 1820. Il opta ainsi pour le nom d’Iitsu. Entre 1814 et 1834 il publia à Nagoya les Hokusai Manga (Dessin d’Hokusai) en 12 volumes. En 1831 il publia la fameuse série Fugaku Sanjurokkei (36 vues du mont Fuji). En 1834 ce fut la série Fugaku Hyakkei (100 vues du mont Fuji) qui fut publié. Il travailla ensuite sur une série appelé Hyakunin Isshu Uba ga Etoki (illustration pour les poèmes de  100 auteurs). Cette série fut en partie détruite lors de l’incendie de sa maison et ne fut donc jamais achevé. Après 1840 sa production se fait de plus en plus rare. Il décédera en 1849 et sera inhumé au temple Seikyô-ji à Asakusa.

Quelques grands noms:

Moronobu (1618-1694 l’un des précurseur du ukiyo-e), Harunobu (1725-1770, spécialisé dans les courtisanes), Utamaro (1753-1806, spécialisé dans les portraits), Kiyonobu (1664-1729, spécialisé dans la reproduction d’acteurs de kabuki), Hiroshige (1797-1858, reconnu pour sa série des « Cinquante-trois relais du Tôkaidô »), Ichô, Eisen,…

Différents types d’ukiyo-e:

Sumizuri-e: ukiyo-e de couleur noire.

– Urushi-e: ukuyo-e utilisant des encres brillantes obtenue en mélangeant l’encre avec de la colle.

– Nishiki-e: ukiyo-e mariant plusieurs couleurs (plus de deux).

– Abuna-e: estampes représentant des jeunes femmes.

– Shun-ga: « images de printemps »…

Mitate-e: estampes satiriques.

Ôkubi-e: portrait de personnage présenté en gros plan.

Warai-e: estampe humoristique.

Les différents formats et support:

Les estampes japonaises , dès leur apparition, ont fait l’objet d’un effort d’uniformisation. Il est donc possible de les classifier en fonction de leur dimension. Les plus petits formats sont appelés « surimono« . Les « Shikiban Surimono » ont une dimension de 21,5 x 18,5 cm. Les estampes les plus connus sont sans doute les estampes sur des feuilles de papier d’un format de l’ordre de 26,5 x 19,5 cm portant le nom de « Chûban« . Les estampes sur un format de papier de 33×15 cm se dénomme « Hosoban« , celles ayant un format de  35 x 7 cm, « Tanzaku« . Les grands formats de 26,5 x 39 cm porte le nom « Oban », ceux de 53 x 23,6 cm sont nommés « Nagaban« .

et les grand format d’estampes d’environ 46 x 33 ou 39 x 27 cm.

Le papier utilisé pouvait dans certaines occasions être gaufré « Karazuri » ou mélangé à de la poudre de riz afin de rendre la blancheur du papier plus éclatante « Hôsho« .

Quelques exemples:

                      
                             

Yamato-e.

Style de peinture qui se développa au XIe et XIIe siècle sous la période Heian avant de disparaître lentement sous les Ashikage (1338-1573) vers la fin du XIIIe siècle. Ce style de peinture particulièrement codifié (personnage stylisé, vue plongeante, couleurs vives) marque l’émancipation de la peinture japonaise par rapport à la peinture chinoise d’inspiration Tang et qui prédominait jusqu’ici (le Kara-e). Ce style de peinture fut utilisé comme illustration de poèmes, de fusuma (cloison japonaise), byôbu (paravent) mais aussi à partir du XIe de rouleau, dont le Genji monogatari (Le dit du Genji) et le Heike monogatari (Le dit des Heike). Ce style de peinture connaîtra un renouveau sous la période Edo sous le nom de Fukko Yamato-e. Ce courant artistique préconisant un retour à l’étude des classiques du Yamato-e.

Sumi-e.

Le sumi-e d’inspiration chinoise regroupe les peintures et calligraphies exécutées à l’encre de chine (Sumi) vers le XIVe siècle. Le sumi-e fut particulièrement utilisé dans l’élaboration des kakemono. Le Kakemono correspond aux longues peintures suspendues dans le tokonoma. Un rouleau de bois à chaque extrémité, le Kakemono est roulé sur lui-même lorsqu’il n’est pas utilisé.

E-makimono.

Ce sont des peintures illustrant entre autre, des textes religieux, effectuées sur des bandes de papier enroulées autour d’un rouleau de bois que l’on déroulait afin de pouvoir les lire. Ces rouleaux peints qui pouvaient atteindre une vingtaine de mètres de long pour une largeur d’une cinquantaine de centimètres avaient un sens de lecture droite gauche. Ce style de peinture qui débuta dès le VIIIe siècle connu son apogée au XIIIe et XIVe siècle et continua jusqu’au XIXe siècle. Attention un makimono est différent d’un e-makimono.Un makimono est un rouleau sans peinture.

Yôga.

Souvent de confession chrétienne, les artistes de ce courant furent persécutés ce qui provoqua un « endormissement » momentané de cette « école ». Ce style de peinture se développera en même temps que l’ouverture du japon sur l’occident pendant l’ère Meiji à partir de 1868 et qui se caractérise par une transposition de la peinture occidentale. En 1871 les cours de dessin à la mode occidentale devinrent une matière obligatoire. Ce courant englobe tous les courant artistique en provenance d’occident sans faire de distinction.

Le japon connaîtra aussi  le Cubisme (Yorozu Tetsugorô 1885-1927), le surréalisme (Koga harue 1895-1933), le fauvisme…

Nihonga.

Ce courant artistique lancé par Okakura Tenshin (1862-1913) se définit par opposition au Yôga. Il préconise non pas la simple transposition des techniques occidentales mais une adaptation de celles-ci aux techniques de peinture japonaises traditionnelles

Manga.

Signifie « esquisse » mais regroupe sous ce terme l’ensemble des dessins humoristiques et dans une acception plus large les bandes dessinées. L’art du Manga ou du dessin caricatural n’est pas un phénomène de société récent on en trouve des traces au VIIIe Siècle. Ce qui est nouveau c’est sa large audience et dissémination par l’utilisation de moyen et support médiatique important notamment vers l’étranger. Il est possible de classer dans le Manga certains emakimono (peinture faite sur des rouleaux de papier) et ukiyo-e. De nos jours le terme « manga » fait référence à la bande dessinée et par un abus de langage aux dessins animées d’origine japonaise. La bande dessinée représente une part importante du chiffre d’affaire de l’édition et plus de 40% des publications annuelles des éditeurs japonais. On distingue les Joseï manga : manga dont la cible sont les femmes adultes, les Seinen manga : manga dont la cible sont les hommes adultes, les Shônen manga : manga dont la cible sont les enfants (garçons) et les Shôjo manga : manga dont la cible sont les enfants (filles).

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  1. Pingback: Cano·

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