[Takato] Rétrospective sur Gundam ! (Partie 2/2)

L’analyse de Gundam ce fini aujourd’hui avec la deuxième partie ! Takato essaye de vous montrer cette licence hors norme à sa manière !

Si on s’était fiés au succès de Gundam lors de sa première diffusion télévisée japonaise, entre 1979 et 1980, la saga ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Fiasco complet lors de cette diffusion, ce sont alors les rediffusions et la compilation de la série en trois films cinéma, tout ça mêlé au merchandising autour du Gunpla qui ont véritablement lancé Gundam. En Mars 1985, soit 5 ans après, une suite à Mobile Suit Gundam voit le jour sur les écrans nippons : Mobile Suit Z Gundam. Tomino se trouve toujours aux commandes du projet et s’il est dit que ce dernier ne voulait plus toucher à Gundam (info lue sur Cosmic Era. Saga, si tu me lis… !). Pourtant, le maître du Real Robot ne savait pas encore qu’avec Z Gundam, il signait une des séries les plus réussies de toute la saga, une des préférées des fans voir LA préférée, une suite qui se démarque de l’opus précédent grâce à sa noirceur…
Z Gundam comporte 50 épisodes, diffusés entre Mars 1985 et Février 1986 au Japon. Entre 2005 et 2006, trois films résumés de la série ont vu le jour sur les écrans de cinéma Japonais. Loin d’être applaudis par les fans, ces longs métrages ont tenu le pari risqué d’alterner séquences d’époques qui n’ont pas forcément bien vieilli, et passages totalement refaits avec les moyens modernes. La fin fut aussi revue et supprime un peu de la noirceur de la conclusion initiale de Z Gundam tout en rendant ZZ Gundam improbable. En France, l’information sur la sortie de ces trois films a circulé. Mais Beez ayant mis la clef sous la porte, il est fort à craindre que nous ne verrons jamais cette série sur notre territoire, à moins qu’un éditeur aussi ambitieux que talentueux arrive à implanter réellement Gundam chez nous…

Afin de bien saisir le contexte de cette deuxième série de la saga, il convient d’évoquer une série de 13 OAV, Mobile Suit Gundam 0083 : Stardust Memory. La guerre d’un an a pris fin en UC0080, avec la chute de la dynastie Zabi et par conséquent de Zeon. Mais des survivants de l’armée perdante, bien décidés à raviver la flamme de Zeon, continuent d’exister. Ainsi, en UC0083, un groupe de fiers soldats Zeon, dans l’espoir d’imposer la domination de leur belle armée, parviennent à voler un des nouveaux Gundam de la Fédération, amenant ainsi tous les évènements de la série, sur laquelle nous reviendrons dans un futur article…
En UC0087, la paix semble être de retour et pour cause : Les Titans, groupe né de la Fédération, veille au grain afin qu’aucune révolte des colonies n’ait lieu. Mais petit à petit, les Titans sont devenu un groupe très influent, imposant son autorité sur les colonies spatiales de manière musclée et arbitraire, quitte à gazer une colonie entière… Dans l’espoir de contrecarrer ce groupe, une milice naît : l’AEUG, ne luttant que pour défaire les Titans, au nom de la liberté.
L’histoire de Z Gundam débute sur une colonie, loin des conflits, où vit Camille Bidan, un adolescent au mauvais caractère, ne supportant pas son prénom trop féminin et victime d’un contexte familiale bien sombre. Lorsque l’AEUG attaque la colonie pour s’emparer des nouveaux Gundam de la Fédération, les Gundam Mk.ll, Camille, dans un désir d’évasion, monte aux commandes de l’un des engins et aide l’AEUG à les dérober. Le voilà ainsi contraint, à cause de ses actions irréfléchies, à lutter à bord du vaisseau Argama, sans se douter des terribles répercutions qu’auront ses actions sur son destin, et celui de ses proches…

 

Ainsi, là où Mobile Suit Gundam insistait ci et là sur «la guerre, c’est horrible», la noirceur est omniprésente dans Z Gundam, du premier épisode jusqu’au dernier. Les premiers épisodes de la série sont d’ailleurs formels là dessus : Camille, à cause de ses gestes inconsidérés, va voir ses deux parents mourir, sous ses yeux… La fin de la génitrice du héros est d’ailleurs l’une des plus cruelle de la série ! Par la suite, même si le jeu a tendance à se calmer, Tomino n’aura de cesse de rappeler au spectateur que Z Gundam, c’est pas pour les fiottes. L’ambiance obscure se certifiera ainsi, de manière récurrente, par la mort inattendue d’un personnage qui s’était fièrement illustré dans l’histoire, auquel on avait fini par s’accrocher… Les 5 derniers épisodes, eux, ne sont pas à suggérer aux âmes sensibles. Incarnation de l’hécatombe, c’est presque la totalité des personnages principaux (et pas mal de secondaires) de la série qui vont passer l’arme à gauche… jamais de manière douce, bien évidemment. L’épisode 49 traumatisera les plus sensibles tandis que l’ultime scène de la série condamne le héros de la série à un sort aussi inattendu que sévère.

Mais si Z Gundam est une si bonne série, ce n’est pas seulement pour son incitation à se pendre. Ce n’est pas non plus à tous les épisodes qu’un personnage important disparaîtra, et de nombreux éléments de l’intrigue ont de quoi motiver le spectateur à enchainer les épisodes. La série doit certainement paraître chiante aux yeux de celui qui ne jure qu’avec des séries bourrées de rebondissements, trahisons à tout vas, héros qui dégomment tout, des séries comme Gundam SEED Destiny… Car le rythme de Z Gundam n’est pas des plus nerveux, et la série met même un certain moment pour planter son intrigue, faire intervenir certains personnages… Au final, les épisodes sont une succession de missions pour l’AEUG, où Camille n’aura de cesse de lutter face aux Titans d’abord à bord du Gundam Mk.ll, puis aux commandes du Zeta Gundam. C’est d’avantage sur les relations entre personnages que tout l’intérêt se jouera. Car pas seulement Camille, mais chaque acteur du scénario vivra ses joies et ses peines, fera des rencontres qui le marqueront, et sera spectateur d’effroyable scènes qui contribueront à son évolution… La brochette de personnages clefs se veut d’ailleurs radicalement différente de Mobile Suit Gundam. Si dans cette première série les héros étaient généralement des adolescents entrainés malgré eux dans un conflit qui les dépasse, dans Z Gundam, la majeur partie des protagonistes (et antagonistes) sont des militaires présents sur le front par leur propre volonté, luttant pour des idéaux qui leurs sont chers.

 

Du côté de ces personnages, nous retrouvons quelques figures de la première série. Char Aznable tient un rôle principal sous l’identité de Quatro Bajeena, mais des têtes bien connues du White Base font leur réapparition, dont Hayato Kobayashi, Kai Shiden, Amuro Ray ou encore Bright Noah qui endosse une nouvelle fois un rôle de commandant de navire. La réapparition la plus surprenant est celle de Katz Kobayashi, l’un des trois bambins du White Base devenu un adolescent qui ne peut se résoudre à rester immobile et prend part au conflit face aux Titans. Pour les nouvelles têtes, Camille apparaît comme un héros radicalement différent d’Amuro Ray, notamment par son caractère, bien qu’il suivra la même voie de New Type. Son rival est Jerid Messa, lui aussi très différent de Char Aznable. Si la Comète Rouge agissait secrètement contre son camp, par désir de vengeance, Jerid espère prendre un jour le commandement des Titans. La rivalité entre les deux viendra principalement du fait que chacun, à tour de rôle, en viendra à tuer sur le front une des personnes qui est chère à l’autre, une balle qu’ils n’auront de cesse à se rendre jusqu’à leur ultime face à face enragé…

 

Sur sa fin, Z Gundam, après une routine agréable mais à laquelle on est habitués, prend le risque d’intégrer beaucoup de retournements de situations. Trahisons, nouvelle armée qui s’illustre dans le conflit, disparitions… La quinzaine de derniers épisodes s’avère passionnante, et contribue fortement au statut mythique de la série. Toutefois, on sent au bout de ces 50 épisodes que l’histoire n’est pas terminé… Car Z Gundam scelle le destin de l’équipage actuel de l’Argama, mais pas celui de l’AEUG. Car la fin de série marque en parallèle le début d’un nouveau conflit, celui contre Axis, qui se poursuit dans ZZ Gundam…

Z Gundam, malgré ses qualités indéniables, n’est pas une série accessible à tous. On note certes la barrière de l’âge au niveau de l’animation qui, de nos jours et comparé à un Gundam Unicorn, est loin d’être convaincante. Le problème de l’âge survient aussi sur l’apparence de nombreux personnages, illustrant bien que la série date des années 80. Pourtant, Z Gundam est une œuvre extrêmement riche, et même ceux qui ont jubilé devant la Cosmic Era y trouveront leur compte, ne serait-ce pour le personnage de Paptimus Scirocco qui représente le manipulateur habile, jeune et «beau» que l’ont rencontre de plus en plus dans le manga ou l’animation Japonaise… Reste aussi que Z Gundam nécessite un certain bagage, celui de la connaissance de Mobile Suit Gundam dans un premier temps, et une maîtrise de la langue de Shakespeare vu que la série n’est jamais sortie chez nous… Aussi, les fervents fans de la Cosmic Era, en particulier Gundam SEED Destiny, devraient jeter un œil à cette série afin de constater l’affligeant manque d’inspiration de Mitsuo Fukuda, tant la majeur partie des éléments de la série de 2004 se retrouve dans Z Gundam, mais de manière plus cohérente, plus approfondie, et plus humaine… ! Une valeur sûre, quoi qu’on en dise, une série au final bouleversant !

Signé : Takato – stars-platinum

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